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Deux produits identiques, pas le même prix… et pas la même TVA : pourquoi ?

Deux produits identiques, pas le même prix… et pas la même TVA pourquoi

En herboristerie, il arrive que deux produits paraissant presque identiques n’affichent pas le même prix. Cette situation peut surprendre, notamment lorsqu’il s’agit d’une même plante ou d’une même huile végétale.

Si le coût des matières premières, le conditionnement ou la marque peuvent jouer un rôle, une autre explication existe : la réglementation fiscale. En effet, tous les produits naturels ne sont pas soumis au même taux de TVA. Cela explique parfois pourquoi deux références très proches n’ont pas le même coût.

L’huile d’amande douce constitue un excellent exemple pour comprendre cette particularité.


L’huile d’amande douce : un excellent exemple

L’huile d’amande douce est probablement l’exemple le plus parlant.

Dans certains cas, elle est vendue comme une huile alimentaire destinée à être consommée. Dans d’autres, elle est commercialisée comme un produit cosmétique destiné à être appliqué sur la peau ou les cheveux.

Pour le consommateur, cela peut sembler être exactement le même produit. Pourtant, d’un point de vue réglementaire, il s’agit de deux catégories bien distinctes, ce qui explique qu’elles n’aient parfois pas le même prix.

La différence ne vient pas nécessairement de la qualité de l’huile elle-même. Une huile d’amande douce alimentaire et une huile d’amande douce cosmétique peuvent provenir de la même plante (Prunus dulcis) ou du même producteur et présenter des caractéristiques très proches. Ce qui change avant tout, c’est la destination officielle du produit et la réglementation à laquelle il est soumis.

Huiles végétales pas le même prix

Cette distinction entraîne des obligations différentes en matière d’étiquetage, de conditionnement et de commercialisation. Elle peut également avoir une incidence sur le taux de TVA appliqué au produit. Une huile destinée à l’alimentation bénéficie généralement d’une TVA réduite à 5,5 %, tandis qu’une huile commercialisée comme cosmétique est le plus souvent soumise à une TVA de 20 %.

Ainsi, lorsque deux flacons d’huile d’amande douce semblent identiques au premier regard mais n’affichent pas le même tarif, l’explication ne se trouve pas forcément dans leur contenu, mais parfois dans leur statut réglementaire et leur usage déclaré.


Petit rappel sur les taux de TVA

En herboristerie, plusieurs taux de TVA coexistent :

  • 5,5 % : produits alimentaires et de nombreux compléments alimentaires, tisanes, miels, produits de la ruche, une partie des huiles essentielles.
  • 20 % : cosmétiques, huiles essentielles à usage externe exclusif, accessoires, diffuseurs et produits d’hygiène.

Notre huile végétale d’amande douce peut donc faire partie des deux catégories.


Ce qui compte : la destination du produit

C’est le point essentiel à comprendre.

Une huile végétale destinée à l’alimentation relève de la réglementation alimentaire et bénéficie généralement d’une TVA à 5,5 %.

La même huile commercialisée pour le soin de la peau ou des cheveux relève de la réglementation cosmétique et sera généralement soumise à une TVA de 20 %.

Autrement dit, ce n’est pas forcément l’huile qui change, mais l’usage pour lequel elle est déclarée et commercialisée.

Certaines huiles sont mixtes comme l’amande douce. D’autres sont exclusivement cosmétiques et ont donc une TVA à 20 %.


Les indices visibles sur le flacon

Il existe souvent quelques détails qui permettent de distinguer les deux catégories.

Les huiles alimentaires sont fréquemment proposées dans des flacons équipés d’un bec verseur facilitant le dosage en cuisine ou dans les préparations alimentaires. Vous pouvez également apercevoir sur ces huiles alimentaires, sur des marques de qualité, les tableaux nutritionnels détaillés.

Comme exemple, voici l’huile d’amande douce de la marque Vigean, spécialisée en huiles alimentaires.

Les huiles cosmétiques sont quant à elles souvent conditionnées avec :

  • un spray de pulvérisation ;
  • une pompe doseuse ;
  • un compte-gouttes ;
  • un flacon orienté vers l’application cutanée ou capillaire.

L’étiquetage est également différent, avec des mentions spécifiques à chaque réglementation.


Pourquoi deux huiles similaires n’ont-elles pas le même prix ?

Prenons un exemple simple.

Pour un produit vendu 10 € hors taxes :

  • avec une TVA de 5,5 %, le prix final sera de 10,55 € ;
  • avec une TVA de 20 %, le prix final sera de 12 €.

La fiscalité peut donc créer un écart de prix significatif entre deux produits pourtant très proches. On comprend alors mieux pourquoi certains produits n’ont pas le même prix, même lorsqu’ils semblent identiques au premier regard.

Cependant, la TVA n’est qu’un des éléments qui influencent le prix final. Il faut également prendre en compte de nombreux autres facteurs comme le positionnement marketing de la marque, le choix du conditionnement, les volumes de production, les coûts de transport ou encore le nombre d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur.

Un fabricant qui vend directement ses produits n’aura pas les mêmes coûts qu’une marque qui passe par un distributeur, un grossiste puis un détaillant. À cela peuvent s’ajouter des dépenses liées à la communication, au packaging ou à la mise en avant du produit.

Au final, deux produits pouvant contenir exactement la même huile végétale peuvent afficher pas le même coût en raison d’un ensemble de facteurs réglementaires, fiscaux et commerciaux. C’est pourquoi il est parfois possible d’observer des écarts de prix importants entre deux références pourtant très similaires sur le papier.


Quelles huiles végétales trouve-t-on à la fois en version alimentaire et cosmétique ?

Certaines huiles existent dans les deux univers :

Selon leur présentation et leur destination, elles peuvent relever de réglementations différentes.


Quelles huiles sont principalement commercialisées pour un usage cosmétique ?

Certaines huiles sont beaucoup plus rarement destinées à l’alimentation et sont surtout utilisées pour les soins :

  • Jojoba
  • Rose musquée
  • Calophylle
  • Carotte
  • Ricin
  • Neem
  • Baobab

Ces huiles sont généralement proposées dans le cadre d’une utilisation cutanée ou capillaire et sont donc le plus souvent soumises à une TVA de 20 %.


Les questions que l’on nous pose souvent

Pourquoi l’huile de ricin n’est-elle quasiment jamais vendue comme huile alimentaire alors qu’elle était utilisée comme purge autrefois ?

L’huile de ricin est extraite des graines de Ricinus communis. Ces graines contiennent une toxalbumine extrêmement toxique appelée ricine. Heureusement, cette molécule n’est pas soluble dans l’huile et reste dans les tourteaux lors de la fabrication lorsque celle-ci est correctement réalisée.

Historiquement, l’huile de ricin a été largement utilisée comme purgatif puissant. Son effet est principalement dû à l’acide ricinoléique, un acide gras qui représente souvent plus de 80 % de sa composition. Une fois dans l’intestin, cet acide stimule fortement le péristaltisme intestinal, ce qui explique son effet laxatif particulièrement marqué.

Cependant, l’arrivée de traitements mieux tolérés, la difficulté de dosage et le risque d’effets indésirables digestifs ont progressivement fait disparaître cet usage. Aujourd’hui, l’huile de ricin est surtout associée aux soins des cheveux, des cils, des sourcils ou des ongles. Sa viscosité élevée et sa richesse en acide ricinoléique en font une huile très particulière dans le monde des huiles végétales.

Les huiles d’onagre et de bourrache sont souvent vendues comme cosmétiques. Pourquoi trouve-t-on aussi des capsules à avaler ?

L’onagre (Oenothera biennis) et la bourrache (Borago officinalis) sont intéressantes car elles occupent une position intermédiaire entre l’aliment et le cosmétique.

Leur intérêt provient principalement de leur richesse en acide gamma-linolénique (GLA), un acide gras polyinsaturé de la famille des oméga-6 relativement rare dans le règne végétal. Les huiles alimentaires d’onagre et de bourrache sont généralement conditionnées en capsules afin de protéger ces acides gras particulièrement sensibles à l’oxydation.

Du côté cosmétique, les mêmes huiles sont appréciées pour leur profil lipidique et leur affinité avec le film hydrolipidique de la peau. Nous avons donc un excellent exemple d’une même matière première pouvant être commercialisée dans deux univers réglementaires différents selon sa destination finale.

L’huile de coco est-elle l’exemple parfait d’une huile polyvalente ?

Probablement oui.

L’huile de coco est composée à plus de 80 % d’acides gras saturés, principalement d’acide laurique. Cette composition lui confère une excellente stabilité à l’oxydation par rapport à des huiles riches en oméga-3 ou oméga-6.

En alimentation, elle est utilisée en pâtisserie, en cuisine et parfois pour certaines cuissons grâce à sa bonne résistance à la chaleur. En cosmétique, elle est appréciée pour ses propriétés émollientes et sa capacité à former un film protecteur à la surface de la peau et des cheveux.

Peu d’huiles végétales possèdent une telle polyvalence. L’huile de coco peut ainsi être vendue comme aliment, ingrédient cosmétique, matière première de savonnerie ou même base pour certains produits ménagers.

Une huile devenue impropre à la consommation peut-elle encore être utilisée en cosmétique ?

La réponse dépend principalement de son état d’oxydation.

Lorsqu’une huile vieillit, les acides gras insaturés réagissent avec l’oxygène de l’air. Des peroxydes puis des aldéhydes et des cétones se forment progressivement. C’est ce phénomène qui provoque l’apparition de l’odeur de rance caractéristique.

Si une huile présente une odeur altérée ou des signes d’oxydation avancée, il n’est généralement pas recommandé de l’utiliser sur la peau. Les mêmes réactions chimiques qui dégradent les qualités alimentaires modifient également les propriétés cosmétiques.

En revanche, une huile ayant simplement dépassé sa date de durabilité minimale sans présenter de signe d’altération peut parfois conserver une bonne qualité. La date seule ne permet donc pas de juger l’état réel d’une huile ; l’odeur, l’aspect et les conditions de conservation restent essentiels.

L’huile de carotte est-elle vraiment une huile obtenue à partir de carottes ?

Pas dans la majorité des cas.

La plupart des « huiles de carotte » vendues en cosmétique sont en réalité des macérâts huileux. Le principe consiste à faire séjourner des racines de carotte dans une huile support, généralement de tournesol. Les composés liposolubles de la carotte, notamment les caroténoïdes responsables de sa couleur orange, migrent progressivement dans l’huile.

C’est pourquoi la composition INCI d’une huile de carotte mentionne souvent à la fois Daucus carota et Helianthus annuus (tournesol).

Une véritable huile végétale obtenue par pression de graines de carotte existe bien, mais elle est beaucoup plus rare et possède une composition totalement différente. Dans la plupart des cas, lorsque vous achetez une huile de carotte pour les soins de la peau, vous achetez en réalité une huile de tournesol enrichie par macération de carotte.


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